dimanche 18 juillet 2010

Ah oué, genre

Cet après-midi en allant faire un pit-stop urgent chez moi entre deux cultes (vie sociale doublée d'un engagement croyant obligent), j'ai vu un couple de lesbiennes s'asseoir en face de moi dans le S-Bahn. L'une, à droite, était tout ce qu'il y a de plus butch, des cheveux courts/ras déteints en doré et une carrure qui dit "je suis une femme forte et je don't take no crap from anybody." Sa contrepartie plus féminine cachait ses yeux derrière des lunettes de soleil et rassurait sa copine à coups de chuchotages tendres et de mains passés dans lesdits cheveux ras. Sa partenaire était visiblement en peine, quelque chose la dérangeait; ce qui la faisait sourire, c'était l'un ou l'autre mot émis par la femme assise à ses côtés. En piochant dans ma boîte à repas made in J'ai Plus Un Rond je me suis faite la réflexion que oui, on peut me parler des heures durant des rapports entre ce que je voyais et ce que me dit ma Bible, mais cette scène était avant tout touchante à voir, sion enlevait les quelques couches de jugements mal placés. Deux femmes en face de moi, visiblement amoureuses, deux personnes qui prenaient soin l'une de l'autre, au-delà d'une étiquette. Je suis descendue à mon arrêt de S-Bahn en me disant que j'avais eu mon image marquante de la journée.

Ce soir je suis tombée sur une mise à jour de ce blog, qui est le récit en vignettes BD de l'histoire de Sam, transman auto-identifié néo-zélandais, et de son copain Joe, FTM actuellement en transition. Ici, pareil. Je crois que si j'abordais le sujet des transpersonnes avec certains membres de ma famille, je ne serais pas encore couchée. Je n'ai même pas envie de pondre ma position sur le sujet sur ce blog parce que comme débat stérile, peu sont du niveau de celui sur l'identité queer vue par la foi chrétienne (à ce titre, jeter un coup d'oeil de toute urgence sur cet ouvrage d'Andrew Marin). Toute intellectualisation mise à part j'ai trouvé que cette BD était mignonne (on dit "mimi tout plein"), que les deux autoproclamés trannyfags étaient chous tous les deux et que dans l'ensemble, quand on me sort une BD comme celle-ci, sincère, cartoon et un rien marginale (à l'image du DAR! hasbian d'Erika Moen), j'ai simplement tendance à fondre.

En conclusion les amis, je n'ai pas de conclusion. Hormis qu'être croyante ça ne devrait jamais être un prétexte pour refuser de voir les gens comme ils sont. Soit des êtres humains qui aiment. Et qu'à un moment donné, réalité du salut ou pas, c'est pas le genre de la personne en face d'eux qui les empêche d'être à 100% des êtres humains qui aiment. Le cliché du dépravé ambulant, ça va bien cinq minutes.

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